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Projet de renforcement des capacités de la coopérative agricole de Boala au Burkina Faso

Modifié le 26 novembre 2016
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ProjetBoala

Nord (59) à Villeneuve-d'Ascq

" Nous avons créé la coopérative de Boala en 2008. Depuis, elles est passée de 20 à 45 producteurs. Un audit post-projet nous a montré les améliorations à apporter : Formation des agriculteurs en gestion et finance, Installation d'un système d'irrigation, Construction d’un nouveau bâtiment de stockage "

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Documents, liens et vidéos...

  1. Présentation des associations porteuses du projet

    A. Human’Iteem

    L’objet de l’association est de créer des projets de solidarité internationale. Des missions regroupant les membres de Human’Iteem et nos partenaires locaux sont menées sur le terrain afin d’assurer la bonne réalisation des projets. Elles permettent également aux 21 Human’Iteemiens de découvrir et de s’ouvrir à une autre culture.
    Les projets mis en place sont liés aux thématiques du développement agricole, de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau potable, et du développement en général. Il est à noter que tous les membres n’interviennent pas sur le terrain ; néanmoins, tous participeront d’une manière ou d’une autre à la préparation des missions à travers différentes actions. Par ailleurs, l’association met en place des actions d’éducation au développement et à la citoyenneté sur le territoire français.

    Contact :
    Présidente de l’association
    Nom : Lopez Claire
    Mail : lpzclaire@gmail.com
    Tel : 06 68 88 06 25


    B. ADLP
    L’association partenaire locale au Burkina Faso est l’ADLP (Action pour le Développement et la Lutte contre la Pauvreté), représentée par Grégoire Sandwidi, son président et fondateur. L’ADLP est composée d’étudiants et de travailleurs burkinabés qui oeuvrent pour le développement économique de leur pays, en particulier dans le secteur agricole. A nos côtés, et par la mise en place d’un partenariat avec elle, elle assure la cohérence et le suivi du projet, ainsi que son adéquation avec les réalités locales.


  2. Contexte
    A. Historique

    Afin de réunir les agriculteurs autour d’enjeux communs, la coopérative agricole du village de Boala a été lancée en 2008, sous l’impulsion du projet conjoint de l’association française Human’Iteem et de l’association burkinabé ADLP. Suite à cette collaboration et à des heures de travail, un bâtiment de stockage a été créé, des terrains défrichés, délimités et enfin un système d’irrigation installé.
    Afin de connaître précisément la réalité locale et pour que notre projet soit parfaitement en adéquation avec celle-ci, un audit de la coopérative a été réalisé en Juin 2014. Il nous a montré que depuis 2008, les agriculteurs augmentent leurs productions, ont des meilleurs revenus, mangent mieux et scolarisent plus leurs enfants. En 2010, 20 producteurs participaient à la première campagne agricole de contre-saison de la coopérative. En 2014, ce sont 41 producteurs qui se sont regroupés dans l’organisation. Cet audit a permis d’évaluer les forces et les faiblesses de la coopérative. L’évaluation a été réalisée par un consultant indépendant avec l’assistance des responsables de l’ADLP. La méthodologie utilisée est participative. De ce fait, des entretiens semi-structurés ont été conduits auprès de groupes homogènes constitués des membres de la coopérative à l’aide d’un guide d’entretien. Ces entretiens ont permis de collecter des données à la fois quantitatives et qualitatives permettant d’apprécier l’impact du projet.
    Le rapport de bilan post-projet évalue à 150 le nombre de personnes travaillant directement ou indirectement grâce à la coopérative (producteurs, revendeurs, grilleurs de maïs…). La coopérative est viable, elle a su s’adapter et évoluer. Cependant, de nouvelles actions peuvent être entreprises pour relancer le développement de l’organisation. Le projet s’installe donc dans la continuité des actions portées et s’appuie sur le rapport d’analyse afin de lancer des actions correctives et de développement de la coopérative.

    B. Identification de la demande locale
    a. Audit de la coopérative
    Le problème principal semble être le stockage. En effet, il semble illogique d’améliorer les rendements, d’augmenter le nombre de parcelles, l’irrigation, si tout ce qui est déjà produit est produit à perte. Ensuite, il nous parait évident d’ agir à nouveau sur le système d’alimentation en eau. Comme expliqué précédemment, la pompe actuelle est louée très cher et le rendement de la motopompe doit être amélioré. En effet, le système d’irrigation dans la situation actuelle entraîne une perte d’eau en cours de route diminuant le rendement de la motopompe. De cette façon on agit aussi sur les capacités de production.
    L’audit a aussi révélé que la coopérative manquait d’outils de gestion.

    b. Sondage auprès des agriculteurs
    Le sondage a révélé que les familles étaient nombreuses. Le nombre d’enfants allant de 2 à 12. Nous leur avons demandé quelles étaient leurs perceptives d’avenir. Pour la plupart ils souhaitent avoir des moyens pour améliorer l’éducation de leurs enfants. Ils veulent aussi investir dans les cultures maraichères et l’élevage.
    Bien que les membres de la coopérative soient satisfaits des produits qu’ils vendent, nous constatons un manque de diversité des productions. En effet, la quasi-totalité des producteurs ne produit que de l’oignon et de l’aubergine pour la vente. Les acheteurs viennent de Pouytenga. Le prix de vente est fixé par l’acheteur et il n’y a pratiquement pas de concurrence pour l’achat de la production de la coopérative. Cela est lié d’une part au fait que leur production n’est pas en grande quantité et par conséquent n’attire pas beaucoup d’acheteurs. D’autre part, l’insuffisance du magasin de conservation oblige les producteurs à brader leur production, au risque de les perdre le cas échéant.

  3. Le projet : renforcement des capacités de la coopérative agricole de Boala
    Suite à ces différents constats, nous avons co-construit avec notre partenaire local un plan d’action afin de répondre de la manière la plus adaptée à ces problèmes. Les objectifs du projet sont:
    1er objectif : Augmenter l’espace de stockage car les récoltes s’entassent et pourrissent en partie (entre ⅓ et ¼ des quantités stockées).
    Le stockage de la production est le problème le plus important qui soit ressorti de l’audit. En effet, jusqu’à un tiers des productions pourrit chaque année faute d’espace de stockage suffisant. Le bâtiment de stockage actuel peine à stocker le dixième des récoltes, forçant les agriculteurs à vendre le plus vite possible leurs produits.
    Etant donné l’importance d’un espace de stockage correctement ventilé, un bâtiment de 80m2 sera construit afin qu’une plus grande partie des récoltes puisse être stockée, permettant de surcroit aux agriculteurs de spéculer sur le prix de leur récolte une fois la saison passée. L’association la Voûte Nubienne (VN), grâce à son expertise dans les bâtiments agricoles, réalisera le bâtiment de stockage en terre et à partir de matériaux locaux. De plus, elle formera par la même occasion les agriculteurs à cette technique de construction. De cette manière, les agriculteurs sauront construire de nouveaux bâtiments par eux-mêmes, à moindres frais, et deviendront ainsi encore un peu plus autonomes.

    2ème objectif : Installer un nouveau système d’irrigation simple et efficace car les rigoles à même la terre causent des pertes importantes d’eau.
    Le système d’irrigation actuellement en place est très rudimentaire : il s’agit de canaux creusés à même la terre. Il occasionne ainsi plus de 50% de pertes d’eau. Bien que le barrage se trouvant à 100m de la coopérative représente une importante source d’eau, réduire le gaspillage est une des premières mesures à prendre pour l’environnement ainsi que pour une future extension de la coopérative.

    Ainsi, un nouveau système d’irrigation à base de tuyaux en PVC sera mis en place, et permettra de réduire les pertes d’eau presque complètement.

    3ème objectif : Former les agriculteurs en gestion et en finance
    La gestion financière de la coopérative était entre les mains d’agriculteurs jusque là inexpérimentés en finance. Ainsi, lorsque la motopompe servant à amener l’eau aux parcelles tomba en panne, la trésorerie était insuffisante pour la remplacer, et ils durent en louer une autre, ce qui revint vite très cher. Ceci ne devrait désormais plus arriver, car 26 des agriculteurs de la coopérative ont été formés en décembre 2014 en gestion et en finance par une entreprise burkinabé.
    L’enjeu est de passer d’une gestion d’organisation informelle peu efficace à une gestion formelle, réfléchie et ainsi lancer un vrai processus d’amélioration continue.

    4ème objectif : Sensibiliser les étudiants du NPdC à la solidarité internationale et capitaliser sur notre expérience
    A la fin de notre projet, nous prévoyons d’organiser des événements de restitution auprès des étudiants, comme par une exemple via une exposition photos sur une thématique de notre projet (l’agriculture familiale au Burkina Faso) et/ou sur la thématique plus générale de la Solidarité Internationale (les enjeux, la démarche, les partenaires). De plus, nous comptons réaliser des documents de méthodologie pour dupliquer ce type de projets, et ainsi étendre les impacts de notre travail. Notre objectif est de transmettre l’expérience acquise pour favoriser l’émergence de nouveaux projets responsables et pérennes.

    En agissant sur ces différents axes nous souhaitons renforcer les capacités de la coopérative et lui donner les moyens de se développer seule. De cette manière, nous espérons influer sur la qualité de vie des familles et ainsi sur l’éducation de leurs enfants. L’objectif global de ce projet est donc de rendre les habitants du village de Boala autonomes et maîtres de leur destin.