Projet_3808

Livre de recettes traditionnelles mongoles

Modifié le 30 octobre 2017
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Photo_defaut

Mathildou

Rhône (69) à Oullins

" C'est un livre de recettes traditionnelles mongoles, illustré de photographies, avec des explications sur la symbolique et les traditions. Après plusieurs voyages en Mongolie, j'y retourne avec Philipp, auteur des photographies de paysages, début 2018, à la période la plus froide de l'année. "

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La Mongolie est un pays chamboulé par un développement rapide et un exode rural important. Sa population était majoritairement composée de pasteurs nomades, dont beaucoup vivent aujourd’hui dans la pauvreté des bidonvilles, principalement dans les banlieues de la capitale Oulan-Bator. Cet exode est en grande partie dû à la perte de leurs troupeaux, causée par des dzud : ce sont des épisodes de catastrophes climatiques, notamment hivernales, qui déciment les cheptels et s’accentuent proportionnellement au réchauffement climatique.

Les derniers éleveurs voient leur mode de vie se moderniser : la plupart possède un panneau solaire, une antenne satellite, la télévision et surtout un téléphone portable dont ils ne se passent plus ! Toutefois, leur cuisine reste traditionnelle : hormis la vodka, les sucettes et bonbons industriels, leurs repas sont similaires à ceux de leurs ancêtres depuis des siècles.

Les troupeaux se composent des cinq museaux ou cinq joyaux : les chèvres, les moutons, les chevaux, les chameaux, et les bovins (vaches, yaks, hybrides…). Les produits de base proviennent de leur bétail, il s'agit de viande et de lait. Seuls la farine et le sel sont achetés sur les marchés. Ils permettent de cuisiner des pâtes qui seraient l’ancêtre des tagliatelles, importées en Italie par Marco Polo à son retour d'Asie. Ces pâtes sont cuites à la vapeur ou plongées dans un bouillon avec des morceaux de viande et de gras, c'est la soupe du quotidien. La graisse est très appréciée : c'est en effet l’aliment le plus honorifique qui soit car elle permet de résister aux hivers rigoureux.
A partir du lait de jument est fabriquée la boisson nationale, l’Aïrag : du lait fermenté baratté par chaque personne qui entre dans la yourte. Les autres laits sont chauffés à feu doux et aérés avec une louche pour en extraire l’Orom, sorte de « peau » entre la crème et le beurre. Le lait ainsi écrémé est égoutté, pressé, et découpé en différents fromages plus ou moins séchés. Cela permet d’obtenir une étonnante diversité de produits laitiers.

Malgré la volonté du gouvernement de soutenir le pastoralisme, il est délaissé par les jeunes générations qui aspirent à une vie moins dure et plus moderne. Les dzud étant de plus en plus fréquents, on peut se demander pendant encore combien de générations le mode de vie des pasteurs nomades survivra en Mongolie.

Ce livre de cuisine sera une mémoire des traditions culinaires des peuples nomades de Mongolie, menacés de disparition par les changements climatiques et par l'occidentalisation des mœurs. Ce sera une initiation à la symbolique autour de leur mode de vie ancestral, de leur alimentation, de l'abattage des animaux, des modes de cuisson,...
Il témoignera de l'incroyable adaptation des mongols à un environnement magnifique, mais austère et dangereux, avec lequel ils vivent en parfaite harmonie, qu'ils respectent en toutes circonstances, mais dont leur survie dépend entièrement.
Et il sera agrémenté de photographies, ainsi que de croquis rappelant un carnet de voyage. Il illustrera l'alimentation traditionnelle qui reste pour le moment encore inchangée. Au delà de simples recettes, ce livre sera une invitation au voyage, à la découverte de ce peuple nomade, incroyablement joyeux et qui a un sens inconditionnel de l'hospitalité.